Les visuels du jours

Rhaki de Titi Robin et Gulabi Sapera, un voyage qui s’annonce plein de surprise

La pochette de l’album Rakhi laisse présager toute une aventure. Quelqu’un essaie de grimper dans un train et ça a l’air dur ! Quel désordre ! Pourquoi passer par la fenêtre pour monter dans le bus, alors qu’il y a une porte ? On dirait le métro londonien ! Ou un train en Inde ! En voyage à travers le monde ! Les mains de l’entraide, de l’échange, de la solidarité : c’est la vie quoi ! Le mélange de cultures est générateur de bonne humeur et donne envie de danser.

Catherine L

Dust to Stars de Léon Phal, une découverte inattendue

Ça a l’air assez vintage d’un côté, mais empreint d’une certaine modernité. Des ressemblances avec un paquebot : cheminées en rectangles et hublots circulaires. Un vrai chantier naval ! Il y a quelque chose de très géométrique dans l’image et pourtant il y a comme un désordre. On dirait un mélange de Mondrian et de Magritte. Les couleurs ont l’air passées, un peu effacées par le temps. Ça fait désordre dans l’ordre ! Ces formes futuristes donnent l’impression
d’une technologie scientifi que qui ne serait peut-être pas encore découverte.

Lucien B & Catherine L

3 questions à Marine Swietlik, stagiaire dans l’équipe technique

Marine © Jean Thévenoux

Marine, comment as-tu connu le festival et pourquoi y es-tu présente cette année ?

J’ai déjà une longue histoire avec le Saveurs Jazz Festival. C’est d’abord en tant que membre de la chorale et de l’orchestre du collège Georges Gironde et du lycée Blaise Pascal que je m’y suis produite sur la Scène du Parc. Puis je me suis engagée comme bénévole. Cette année, je suis stagiaire au sein de l’équipe technique, dans le cadre de ma formation à Nantes au Diplôme National des Métiers d’Art et du Design – régie spectacle vivant, option son. Je suis
venue apprendre à utiliser les matériels techniques et découvrir les méthodes de travail spécifiques aux évènements musicaux, pour compléter ma formation plutôt axée théâtre. C’est en jouant avec l’orchestre du collège que je me suis mise à observer le travail des techniciens et que j’ai commencé à m’intéresser à ces métiers : pourquoi utilise-t-on ce type de micro, pourquoi faut-il le positionner à cet emplacement ? etc. Je sais donc depuis longtemps que je veux travailler dans le domaine de la musique et j’aimerais bien ensuite continuer à me former pour me spécialiser dans la régie générale ou dans la création sonore.

En quoi consiste ton travail de technicienne pendant le festival ? Faut-il des qualités particulières ?

Je suis principalement en plateau. J’assure l’accueil des artistes le matin pendant les balances, j’installe les câblages, je participe aux réglages avec la “régie face” dans la tente située derrières les sièges des spectateurs. Lors des changements de plateaux pendant les concerts, je déplace les enceintes, je change les micros, j’installe les câbles de patch selon le placement des musiciens sur scène. Je fais aussi un peu de réglages lumière. Ce métier nécessite d’être motivé, accueillant, passionné, d’avoir une sensibilité artistique. ll faut aussi anticiper en se renseignant sur les habitudes des musiciens et travailler méthodiquement. Ce n’est pas que de la technique, l’aspect relationnel est
très important. C’est aussi un métier dans lequel il n’y a pas beaucoup de pauses, il faut donc être en forme, mais nul besoin non plus d’avoir des épaules de déménageur !

Qu’est-ce qui t’a marquée pendant cette édition 2021 ? As-tu eu un coup de cœur ?

J’ai beaucoup aimé la façon dont Amadou et Mariam ont su dynamiser le public lors de la soirée pluvieuse
de samedi. J’apprécie beaucoup d’accompagner les artistes, de tout mettre en œuvre pour la réussite de
leur concert. Et je n’ai côtoyé que des musiciens très sympathiques et des techniciens cools.
J’ai aussi remarqué combien les techniciens qui assistent parfois les artistes les plus connus sont
exigeants, mais dans le bon sens du terme, parce qu’ils ont de l’expérience et connaissent les petits
détails précis qui font que tout fonctionne bien. J’ai beaucoup appris à leur contact.

Catherine L

Dans la marmite d’Emmanuelle Groleau, la Géo Trouvetou du festival

Emmanuelle © Jean Thévenoux

Emmanuelle commence des études commerciales mais la musique la rattrape. Elle rejoint l’équipe du festival Les
Z’éclectiques et finalise ses études en suivant une formation de chargée de production. Elle travaille dans divers
festivals de musiques actuelles, fait un remplacement à la Maison de la Poésie à Nantes. Elle découvre que « l’art
contemporain, la culture et l’esthétique peuvent se mêler étroitement et trouver une résonance à travers des actions
culturelles ». Elle s’investit dans la création du Théâtre Foirail à Chemillé-en-Anjou et peaufine des projets avec
les écoles primaires. En 2015, elle monte son entreprise et propose ses compétences dans divers festivals : Au Foin
de la Rue, Festival jeune public au Champilambart à Vallet, Saveurs Jazz Festival, Surgères Brass Festival…

Emmanuelle a son kit de survie pour répondre à toutes les demandes : épingles à nourrice, agrafeuse, vaisselle,
outils… Elle est sollicitée pour trouver un groupe électrogène, des cailloux pour remblayer et remettre la scène à niveau… Elle prépare toute la logistique relative au séjour des artistes : les billets de train ou d’avion, les
transferts, l’hébergement, la restauration, les loges …

Emmanuelle accueille les artistes et répond aux petits tracas, aux questions, aux urgences et aux imprévus en tout
genre. La cuisine, c’est mon péché mignon. J’adore manger et faire à manger. Avant, l’accueil des artistes n’était pas organisé par la régie, je faisais à manger pour tout le monde. J’arrivais de bonne heure et je préparais des plats qui
mijotent, comme le pot-au-feu. Mes « hôtes » se délectaient de ma mousse au chocolat. Ma recette est simple. Je choisis une tablette de chocolat de très bonne qualité. Je la laisse fondre tout doucement avec un peu d’eau. J’ajoute quatre jaunes d’œufs (des poules de mon papa) au chocolat un peu refroidi. Je monte les blancs bien fermes et les
mélange délicatement au chocolat. Je mets le dessert au frais la veille pour le lendemain. Le muscadet du domaine Petiteau à Vallet (44) se marie parfaitement avec la mousse au chocolat. Ils ont des vins AOP, des vins primés. J’ai découvert dans ce vignoble des goûts et des odeurs fabuleux. L’esthétique de leur logo et leurs étiquettes donnent envie de les goûter.

Emmanuelle nous recommande le restaurant La Cascade à Clisson (44), pour son cadre bucolique, sa terrasse ombragée de saules pleureurs au bord de la Sèvre Nantaise. « C’est un endroit magique, enchanteur. Leurs chambres sont magnifiques. La cuisine est délicieuse et le personnel est chaleureux ». Voici une adresse qui vaut le détour !

Gisèle C

La Rédac’ a testé Out of Nola à Chenillé Champteusse

Out of Nola © Thierry Ploquin

On est au bord de la Mayenne, sur des berges où sont amarrés quelques bateaux de plaisance. Pour
une fois, les nuages s’écartent pour laisser place à… un hamster. Oui vous m’avez bien lu, je parle du petit
rongeur domestique. Si ceci est précisé, c’est que ce hamster est le thème d’un des morceaux de Out of Nola, qui a réussi à faire chalouper le public. A huit, ils sont comme un verre d’eau pétillante accompagnée d’une rondelle de citron : frais et dynamiques (pour rester dans le thème des saveurs). Solos endiablés et morceaux enchaînés rythment Chenillé tout entier, et ce sans amplification (comme quoi…). On ne peut résister à danser sur les accents jazzy dignes d’un brass band de la nouvelle Orléans, mêlés à un banjo pour le côté santiags et lasso, car il y a ce je-ne-sais-quoi qui nous pousse à nous trémousser. Ce doit être la bonne humeur communicative des membres du groupe à coup sûr,
parce qu’on redemande du hamster…

Lucien B

La Rédac’ a testé un dimanche matin à Challain

Sylvain Romano & François Théberge © Jean Thévenoux

Après la passionnante découverte du jardin au naturel de la Molière (courez vite y faire un tour !), place au
jazz. Dans le cadre bucolique à souhait du potager du château, 150 personnes sont venues voir et entendre le
duo Sylvain Romano (contrebasse) / François Théberge (saxo) en acoustique. Entre une reprise de Brassens (Je
me suis fait tout p’tit) et un hommage à Boris Vian, les très charismatiques et humoristiques complices ont su
glisser quelques pépites (Thelonious…). Ils ont décliné une musique en adéquation avec le cadre : champêtre.
Des jazzmen médiateurs du jazz, des passeurs, loin de certaines scènes se prenant très au sérieux.

Jean T

C’était hier…

Léon Phal Quintet © Jean Thévenoux

Le début de soirée démarre avec Léon Phal 5tet, mélange sulfureux de volutes de synthé et de swing hors pair, plutôt représentatif du côté futuriste de la pochette de leur album Dust to Stars me direz-vous. Ils nous proposent une musique inspirée soul, flirtant avec l’électronique, qui nous amène à faire quelques pas de danse. Avec une foule nombreuse, que demander de mieux ?

Belmondo Quintet © Jean Thévenoux

À grand coup de sonorités riches et puissantes, Stéphane et Lionel Belmondo forment un duo d’exception. Plus qu’eux deux, même leurs instruments deviennent frères le temps d’un concert. Avec un peu de minimalisme au début des morceaux et quelques solos qui vous tiennent en haleine, tous les ingrédients sont réunis pour un concert réussi.

Titi Robin & Roberto Saadna © Jean Thévenoux

Le public très nombreux hier a répondu présent pour ce concert du grand musicien angevin Titi Robin. Le
chanteur gitan Roberto Saadna a accompagné au chant magnifiquement la guitare et le bouzouk du musicien. Une belle osmose pour un concert plein d’émotions.

Avishai Cohen © Jean Thévenoux

Avishai Cohen nous offre ensuite une véritable ballade sous un ciel sans nuages (pour une fois…). Les improvisations décollent, il y a quelque chose d’aérien. Un murmure de chanson d’amour et c’est parfait pour une chanson un soir d’été…

Plutôt qu’une cerise sur le gâteau, Out of Nola est une vraie bombe Lâchée pour les derniers instants du festival, elle contamine tout le monde : chacun a la bougeotte et le sourire. C’est la fin d’un festival de jazz aux saveurs d’été des plus explosives !

Orianne B & Lucien B

Rencontre avec Bernard Rie, photographe émérite

La Rédac’ a eu la chance de rencontrer Bernard qui a notamment réalisé le visuel du dernier album d’Avishai Cohen, cela donne un Visuel du jour un peu différent des autres aujourd’hui !

Bernard Rie © Jean Thévenoux

Bernard Rie participe au webmagazine Ça c’est culte, premier site d’actualité culturelle qui couvre les Hauts-de-France, la Belgique, le Grand-Duché de Luxembourg. « Pour moi, c’est la conjugaison de deux passions : la musique et la photo que je pratique depuis que j’ai 16 ans. J’ai beaucoup voyagé en Asie où j’ai fait de nombreux portraits, des portraits sur le vif, « des portraits ethniques ». C’est une rencontre, une communion de regards. En fait, la photo, en elle-même, est un autre moyen de rencontrer les gens, on est accepté. C’est ça la beauté de la photo, on attrape cet instant intense. Les concerts sont un instant intime partagé avec les artistes qui se livrent au public. »

Bernard Rie a été contacté pour illustrer la pochette du dernier album d’Avishai Cohen Two Roses, enregistré avec l’orchestre symphonique de Göteborg. Il nous dit : « J’étais très flatté qu’il me sollicite en montrant de l’intérêt pour ma démarche de portrait intimiste. » Bernard nous dévoile qu’Avishai Cohen rêvait de jouer avec un orchestre symphonique. Sur les photos, on sent l’artiste pleinement heureux, son visage rayonne de plaisir, il a atteint ce but qu’il chérissait en secret depuis longtemps. En général, Avishai Cohen tourne en formation de trio intimiste, c’est différent, un jazz très coloré, une musique du monde très orientale. Il chante aussi en espagnol en citoyen du monde. Il fait corps avec sa contrebasse, instrument très imposant. C’est une danse très gracieuse. Son exigence dans le travail se voit sur scène. On revient à l’essentiel : la musique comme la photo, c’est la rencontre et le partage !

Gisèle C & Kathy D

La Rédac’ a testé Hawaiian Pistoleros : un groupe qui nous transporte dans le bayou !

Hawaiian Pistoleros © Jean Thévenoux

C’est avec une élégance décontractée que les Hawaiian Pistoleros nous entraînent dans une ambiance typique du sud américain. Guitare country, ukulélé, contrebasse, drums et lap-steel se conjuguent et se répondent pour créer un univers à la fois chaud et ensoleillé. S’ils chantent en anglais, chaque morceau est introduit en quelques phrases qui campent le décor, évoquent le contexte de la composition, racontent une anecdote a priori insipide et sans relief sur un ton désabusé. Les textes parlent de solitude, de tristesse, de nostalgie ; autodérision et second degré provoquent déjà les rires des spectateurs.

Puis, les instruments prennent le pas pour camper une ambiance typique à la frontière de la complainte traditionnelle et du swing. La mélopée s’accélère, monte en intensité, puis se suspend comme l’écume d’une vague dans le ressac, avant de s’écraser contre le rocher. L’imagination du spectateur s’envole vers des paysages écrasés de chaleur dans lesquels rien ne vient distraire la monotonie d’un jour de canicule. Les notes chaudes, la voix de crooner de Vincent, l’émotion nous enveloppent dans un swing chaloupé. Instinctivement on évoque Jim Reeves, Nate King Cole, O’Brother. Le public ne peut résister, les pieds trépignent sous les chaises, les mains battent la cadence. On passe de la touffeur d’un bar bondé aux plages imaginaires de leur île hawaïenne.

C’est un moment heureux dont on gardera un souvenir coloré.

Kathy D

Dans la marmite de Noéline, une passionnée très vanillée

Noéline © Jean Thévenoux

Noéline Rasoamandrary, d’origine malgache, a créé sa société Vanilla Bridge basée à Angers en décembre 2018. Elle a quitté Madagascar en 2011 pour suivre ses études d’ingénierie alimentaire dans une université à côté de Shangai en Chine. Noéline a fait des recherches sur l’extraction de la vanille naturelle à partir de gousses, avec une technique lente et douce qui respecte l’environnement. Cette méthode a été validée par une publication scientifique.

À Madagascar, environ 100 000 familles cultivent la vanille. Noéline explique que pour la vanille, c’est comme pour le vin, sa qualité dépend du lieu, de l’espèce, de l’orientation, de la météo… Elle utilise des gousses venant de Mananara à l’est de Madagascar, cultivées de façon minutieuse avec des gestes ancestraux. L’objectif de Vanilla Bridge est de valoriser ce produit, d’extraire la vanille des gousses pour la proposer à la clientèle professionnelle des métiers de bouche et de la cosmétique.

Noéline aime beaucoup aller au restaurant : être autour d’une table avec ses collègues ou sa famille, c’est un moment très convivial pour changer de sa routine quotidienne. Elle affectionne La Glacerie d’Anjou à Angers, un glacier artisanal, dont le propriétaire très chaleureux met en avant des produits locaux de qualité. « Cuisiner est pour moi un retour aux sources, un temps de détente pour préparer de bons plats aux proches, aux amis… J’aime les poissons aux échalottes, aux tomates et à la sauce vanille pour amener une touche douce et gourmande, et assortir d’un vin blanc type muscadet.

Je fais souvent une recette le dimanche avec ma fille : des beignets banana. Épluchez 2 bananes bien mûres et les écraser dans une assiette plate. Dans un saladier, mélangez 4 c. à s. de farine, 2 œufs, 80 g de beurre, un peu de cassonade et de levure. Intégrez les bananes écrasées et 2 c. à c. d’extrait de vanille. Mélangez vigoureusement à l’aide d’un fouet. Laissez reposer 3 à 5 minutes. Chauffez une poêle à feu doux avec petite quantité d’huile neutre (colza, tournesol). Versez en utilisant une cuillère creuse ou une louche. Les deux faces du beignet doivent être bien dorées. À déguster chaud ou tiède. La pâte peut être préparée la veille si elle est conservée au frais. Ce sont des beignets malgaches façon française. Bonne dégustation ! »

Gisèle C

Musique en cuisine : Gregory Porter aux fourneaux !

Gregory Porter © Zagat – The PorterHouse

Privé de concerts par la pandémie, c’est tout naturellement que Gregory Porter a retrouvé ses réflexes et renfilé sa veste de chef cuisinier, dont il exerça le métier, pour partager avec son public ses recettes préférées sur la chaîne The PorterHouse.

C’est chez lui, devant ses fourneaux, que le jazzman à la voix expressive et chaleureuse fait swinguer les casseroles pour nous proposer une cuisine qui l’est tout autant. Il nous guide à travers des recettes familiales, dont il nous conte l’histoire et nous révèle l’âme, portée par sa voix en fond musical. Qu’elle fleure bon la Louisiane ou la Russie (vous comprendrez pourquoi en regardant l’épisode), c’est une cuisine généreuse, sensuelle et chargée d’émotions, comme sa musique, qu’il nous offre là.

Régalez-vous avec The PorterHouse !

Catherine L

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